MEMO

Un mois après les attaques des 2 & 3 février 2008 de la ville de N’Djamena par les rebelles et l’état d’urgence et les mesures exceptionnelles décrétées par le gouvernement qui en découlent, beaucoup de violations des droits de l’homme se sont produits au mépris de l’article 87 dans son alénea qui stipule « … Ces mesures exceptionnelles se sauraient justifier les atteintes aux droits à la vie, à l’intégrité physique et morale et aux garanties juridictionnelles accordées aux individus ».

Article mis en ligne le 22 mars 2008 par Douanodji Appolinaire
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MEMO

A son Excellence, Monsieur le Chef de Mission Présidentielle de la Commune de N’Djamena

Un mois après les attaques des 2 & 3 février 2008 de la ville de N’Djamena par les rebelles et l’état d’urgence et les mesures exceptionnelles décrétées par le gouvernement qui en découlent, beaucoup de violations des droits de l’homme se sont produits au mépris de l’article 87 dans son alénea qui stipule « … Ces mesures exceptionnelles se sauraient justifier les atteintes aux droits à la vie, à l’intégrité physique et morale et aux garanties juridictionnelles accordées aux individus ». Au regard de la situation actuelle qui ne peut laisser indifférentes les organisations de la société civile et celle des droits de l’homme, notamment les associations membres du collectif des ADH, les organisations féminines ainsi que la commission nationale justice et paix dans le cadre de leur mission, ont fait des constats et recenser des cas de violation des droits de l’homme au sein des populations N’djamenoises qu’elles aimeraient partager avec votre Excellence en tant que chef de mission présidentielle, compte tenu du contexte de l’état d’urgence et les prérogatives qui vous sont assignées. Les constats sont les suivants :  La présence nombreuse et permanente des hommes en tenue qui sillonnent les rues et les quartiers de N’Djamena, et qui commettent des exactions sur des paisibles citoyens (tortures et bastonnades pendant les fouilles, viols, expropriation arbitraire des biens privés, accusations de rebelles de toute personne qui s’oppose aux intimidations et autres…) sans oublier les intrusions nocturnes dans les domiciles ;  La situation des populations déguerpies expropriées qui ne savent à quel saint se vouer. Cette opération qui se passe sans une procédure préalable mais aussi juste au moment où les populations sont sorties des traumatismes liés aux attaques des rebelles vient aggraver le climat social déjà fragile et mérite une attention particulière basée sur le quinquennat social de son Excellence le Président de la République Idriss Deby Itno. Les conséquences entre autres sont : un mouvement massif des populations vers les pays voisins et à l’intérieur du pays augmentant le nombre des réfugiés et des déplacés. la dislocation des familles, l’éducation des enfants en prend un coup, la hausse des prix des loyers…  Le discours de certains membres du gouvernement qui n’apaise pas les tensions au sein des populations.  Etc De ce qui précède, et ne pouvant rester insensibles à ce que vivent certaines couches de la population, les Associations du collectif des ADH, les organisations féminines et la Commission Nationale Justice et paix ont analysé la situation dans son contexte et ont décidé de plaider auprès de votre Excellence, Chef de Mission Présidentielle de la Commune de N’Djamena le sort de certains victimes mais également la situation générale vue par ces organisations de la société civile pour que des actions concrètes allant dans le sens de l’apaisement soient trouvées.

Fait à N’Djamena, le 11 Mars 2008 Les organisations signataires

P. le Collectif des ADH 1. Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT) DOUANODJI APPOLINAIRE

2. Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des droits de l’Homme (ATPDH) MAHAMAT BODINGAR

3. Association Tchadienne pour la Non-Violence (ATNV) ALLAH ISSEM ANGES GOUDOULO

4. Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) MASSALBAYE TENEBAYE

5. Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture - Tchad (ACAT-TCHAD) GOSSINGAR BLAISE

6. Tchad Non-Violence (TNV) PAFING GUIRKI

P. la Commission Nationale Justice et Paix (CNJP) RAYMOND MADJIRO

P. les Organisations Féminines 1. Cellule des Liaisons des Associations Féminines (CELIAF) Mme NAKIRI GENVIEVE

2. Association des Femmes Juristes du Tchad (AFJT) Mme MARABANE NGAR-ODJILO

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