COLLOQUE POUR COLLOQUE OU COLLOQUE POUR QUELQUE CHOSE ? par Mbaidoroum Alphonse

Aussi, le Tchad et notamment N’Djamena n’est pas à sa 1ère rencontre avec les événements tragiques et dévastateurs mais elle a rarement connu de pillages. Cependant, ce qu’il faut craindre et même éviter est que ce colloque ne se transforme en un procès contre la population qui a déjà été échaudée et suffisamment honnie, rabattue par les autorités comme si elles étaient les seules coupables dans cette histoire.

Article mis en ligne le 29 mars 2008 par Douanodji Appolinaire
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COLLOQUE POUR COLLOQUE OU COLLOQUE POUR QUELQUE CHOSE ?

Il se tient à N’Djamena un colloque relatif aux pillages lors des derniers événements des 2 & 3 février 2008 qui ont secoué la capitale. En fait, ce colloque aurait pu arriver avant, l’on économiserait les énergies pour les utiliser à d’autres fins et que ce qui s’est passé ne se serait peut être pas produit. Or le vin est tiré. En tout cas, dans ce pays, les occasions ne manquent pas. Pareil pour les initiatives. Un colloque sur les pillages ne peut qu’être le bienvenu, quand on sait tout ce qui s’est passé pendant les événements ici à N’Djamena. Une initiative de ce genre, il en faut peut être 1000 ou même plus car le Tchad, a vraiment besoin pour ne pas retomber dans les mêmes actes de vandalisme digne d’un autre âge. Le mérite de ce colloque aura été une occasion idéale de rechercher les causes profondes qui ont conduit aux pillages, d’identifier les caractéristiques de ce pillage, de bien les cerner pour mieux les intégrer dans un processus global de changement de comportement de chaque citoyen tchadien. Ce colloque aura également l’obligation d’aller un peu plus loin dans la réflexion en dégageant les responsabilités de tout le monde c’est-à-dire, de tous ceux qui de loin ou de près ont contribué à ce que les pillages aient lieu, leur degré d’implication et surtout leur responsabilité en tant qu’acteurs principaux parce que sans eux, les pillages ne se seraient peut être pas opérés. Aussi, le Tchad et notamment N’Djamena n’est pas à sa 1ère rencontre avec les événements tragiques et dévastateurs mais elle a rarement connu de pillages. Cependant, ce qu’il faut craindre et même éviter est que ce colloque ne se transforme en un procès contre la population qui a déjà été échaudée et suffisamment honnie, rabattue par les autorités comme si elles étaient les seules coupables dans cette histoire. En effet, l’impression générale qui amplifie l’atmosphère par rapport aux pillages est cette tendance à demander des comptes à rendre à la population, de la diaboliser. Et c’est ce que fut fait lors des fouilles opérées dans les ménages de la capitale. Or, la logique aurait voulu aussi que ça soit la population qui est pris en otage de l’intérieur comme de l’extérieur, qui a élu les institutions démocratiquement établies, ses élus à l’assemblée, son gouvernement, de demander également des comptes à rendre à qui de droit sur la gestion politique du pays. Mais on est encore loin de cette réalité, universellement reconnue à tous les peuples qui sont libres de leur choix. En outre, l’on a encore fraîchement en mémoire qu’avant les derniers événements qui ont secoué la capitale, les tchadiens dans leur ensemble ont été mobilisés, presque harcelés pour prier jour et nuit pour la paix, pour marcher affamer et assoiffer pour la paix, financer à des coups de centaine de millions pour le bonheur de quelques uns des organisateurs de ces différentes marches et prières mais qu’au final, ça n’a pas donné les résultats escomptés. « Les chiens de la société civile ont suffisamment aboyé pour se faire entendre, pour en appeler a un dialogue national inclusif de tous les acteurs politiques légaux et toutes les oppositions armées mais ils n’ont pas été entendus et cela n’a pas non plus empêché la caravane de la guerre de passer royalement. ». Et comme la paix n’a pas de prix, on continue à engloutir des sous colossaux dans l’organisation d’un colloque qui n’est ni plus ni moins qu’un colloque comme les autres parce que les résolutions qui sortiront de ce colloque n’auront peut être pas de chance de voir le jour et de connaître un début d’exécution. Dans ce pays, on est champion dans l’art de créer, d’imaginer des lois, des séminaires, des colloques, des tables rondes, des conférences de toutes sortes, des signatures des accords etc. Mais il n’y a pas d’autres champions pour mettre les résolutions en application pour l’intérêt général de la nation tchadienne. MBAINDOROUM ALPHONSE

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